Les derniers jours de navigation ont été plus tranquilles. Le vent est resté entre 15 et 20 nœuds, avec quelques accélérations.
Nous naviguons plutôt au travers / petit largue.
Une question de voile se pose à bord…
Nous avons gréé le Code 5, une voile permettant de faire du travers dans du vent entre 18 et 28 nœuds. Nous envoyons la voile sur le point d’attache, point d’amure et drisse qui nous paraissent cohérents… pas de tension dans le câble, l’enroulage de la voile n’est pas propre du tout, il reste de la toile dehors qui ne se roule pas.
On recommence pareil, on essaie des combinaisons… et on finit par abîmer légèrement la voile à force de défaire le cocotier en haut.
On affale et on réfléchit.
En attendant, le Code 3 est à poste, une voile permettant de faire la même chose en termes d’angle de vent, mais avec des vents moins forts. Cette voile se monte sur le point intermédiaire du bout-dehors et sur la drisse de petit spi ; ainsi le guidant est bien tendu. On maîtrise cette voile.
On reprend les notes pour comprendre, on verra demain, il fera jour.
Nuit tranquille. Le bateau glisse bien, les quarts s’enchaînent en solo. Il faut gérer les accélérations de vent et quelques grains en abattant au bon moment.
Retour du soleil. Matthieu sort de son lit, on rediscute voiles. Son cerveau a travaillé cette nuit : hypothèse… et si le Code 5 (la voile que l’on n’arrive pas à gérer et qui est dans le sac avec une étiquette “Code 5”) était en fait le Code 3 ?
On remet l’hypothétique Code 5 à poste, cette fois sur la drisse de spi de tête, tout en haut du mât. On déroule, on reroule… même bazar : le câble n’est pas assez tendu.
On passe alors sur le point le plus éloigné à l’avant et sur la drisse de spi de tête. Cette fois, c’est bon : on enroule la voile correctement 👍
Donc le Code 5 (celui dans le sac marqué ainsi) est gréé sur les points extérieurs. Cela n’a aucun sens si c’est une voile de vent fort : on augmente les bras de levier…
Avant de rouler cette voile, on regarde les marquages : il est noté A3 dessus.
Donc le sac du Code 5 contient en fait le Code 3…
Je reste dubitatif sur le grammage du tissu des voiles. Dans cette hypothèse, notre Code 3 devenu Code 5 paraît plus léger que le Code 5 devenu Code 3… Vous suivez ?!
Après vérification de la matière du “nouveau” Code 5, il s’avère que c’est bien un tissu pour le vent fort. Tout rentre donc dans l’ordre : le sac du Code 5 contient le Code 3, et la voile que nous utilisions depuis le début comme Code 3 est en fait le Code 5.
On apprend tous les jours… On va changer l’étiquette du sac.
Bon, revenons à la navigation.
Dernières 24 heures avant de toucher terre. On vise l’île de Bequia, au sud de Saint-Vincent. Il y a un mouillage et un bureau de douane. L’objectif est de faire les formalités, refaire les courses de frais et filer dans les Grenadines vers Tobago Cays, un lagon entouré d’une barrière de corail.
Arrivée prévue au petit matin…
On navigue grand-voile avec un ris et Code 5 — le bon, cette fois.
On s’est un peu rallongé la route en plongeant au sud, mais les îles valent le coup, a priori.
À plus tard.