12 décembre


La transat continue dans la bonne humeur. Le vent est toujours bien établi, entre 25 et 30 nœuds, fidèlement dans le même sens. Un scénario assez similaire à celui d’hier : des grains, de la pluie et quelques surventes bien senties. La météo annonce encore trois jours comme ça, avant un retour au beau fixe et un vent qui devrait enfin mollir.


Le challenge du jour : remplir le bateau en eau douce.

L’eau de mer, ça, on maîtrise…


Les cuves sont vides, donc place au dessalinateur. Une machine infernale qui fonctionne par osmose inverse : elle pompe l’eau de mer, la pousse sous pression à travers une membrane et, comme par magie, remplit les cuves d’eau douce. Sur le papier, c’est simple.


En réalité, la pompe d’aspiration n’arrive pas à compenser l’effet Venturi dû à la vitesse du bateau. Résultat : elle aspire autant d’air que d’eau et cavite. Il faut rester à côté pour purger toutes les cinq minutes… autant dire que ce n’est pas très efficace pour remplir les cuves. Nous avions 200 litres d’eau à bord. Là, plus rien. Il faut trouver une solution.


Ce matin donc, entre deux grains, séance plomberie.

On récupère un tuyau d’aspiration d’une pompe de cale de secours, on bricole une connexion avec l’arrivée d’eau de mer du dessalinateur. On amorce le tuyau en le remplissant d’eau de mer, puis on le plonge directement dans l’un des ballasts du bateau, préalablement rempli, via l’évent extérieur sur le pont.


On teste cette option en espérant que les planètes soient alignées et que l’amorçage tienne. Objectif : supprimer le problème lié à la vitesse du bateau.

3… 2… 1… Go ! Tuyau plongé, pompe démarrée… ça marche ! Le dessalinateur fonctionne sans broncher.


Au programme : lessive, douche, bref, tout ce qui nécessite de l’eau douce. Les cuves se remplissent presque entièrement. Presque… Un raté lors du re-remplissage du ballast met fin à l’expérience de physique du jour, mais l’essentiel est fait : les cuves sont quasi pleines.


Voilà pour la bricole du jour, entre les grains.


En cuisine aussi, l’équipage est prolixe : couscous improvisé, fabrication de pain — celui acheté au Cap-Vert a pourri dans le plastique. On n’est pas toujours très malins.


La bonne humeur est sur le pont.

L’eau mouille, le ciel est bleu… Je vous laisse la suite de cette private joke.


À bientôt pour la suite.